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9. Un hiver de clown  

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HermannBD
(@admin7402)
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Posts: 186
27/11/2018 8:42  

Infos générales :
> BD no. 9
> Un hiver de clown
> Collection Repérages
> 45 pages
> Publié en 1983

Editeur :
> Editions Novedi/Dupuis

Scénariste :
> Hermann

Dessinateur :
> Hermann

Coloriste :
> Fraymond

Résumé :

Pour la première fois sans Kurdy, Jeremiah emmène Lena dans le désert blanc de l'hiver en tentant péniblement d'atteindre une ville. Alors qu'ils se réchauffent, un homme frigorifié, semblant fuir quelque chose, dérobe leur fusil et les menace avant de s'effondrer, terrassé par le froid. Jeremiah et Lena repartent mais s'égarent et arrivent dans un port désaffecté. Ils sont recueillis sur un bateau bloqué par la glace par des nains grotesques et un médecin. Ils ne le savent pas encore mais la comédie burlesque que leur joue cette troupe bigarrée cache une sourde menace. Et le bateau de se révéler peu à peu une sordide prison.

Jeremiah et Lena, désormais conscients d'être les nouvelles victimes de cette farce mortelle, vont tout faire pour ne pas finir comme l'homme qui est mort de froid devant eux. 

Infos générales :
> Tirage de tête N&B 1x1
> Editions Black&White
> Contient de multiples bonus
> 78 pages
> Publié en 2018

Analyse :

Par Patrick Dubuis.

La nature et le froid

La neige et le froid sont omniprésent. On voit le seul bateau resté intact, immobilisé par la glace dans un port désaffecté. Le froid semble ralentir toutes vies qui soit. On ressent un silence apaisant et calme mais paradoxalement oppressant.

La neige recouvre les arbres, les plaines et aussi les routes. Jeremiah et Lena, sans chemins, et avec de fausses indications seront dirigés vers le bateau. Le froid endort. Lena, frigorifiée, ne parvient plus à lutter, elle s'endort vaincue… Le froid est aussi meurtrier. L'homme qui avance dans la souffrance et dans la neige, veut juste se réchauffer près du feu, mais la mort le gagne avant d’avoir pu y arriver… Le froid est implacable. De même, prisonnier du bateau, c'est à petit feu que Jeremiah et Lena sont lentement frigorifiés. Sans couvertures et avec le chauffage éteint, le jeu sera inégal et cruel…

Les marginaux et les rejetés

Le bateau semble être une arche de Noé. Il accueille les déshérités, les marginaux et les parias que la société exclut. La société établit elle-même sa propre norme et rejette impunément tous ceux qui sont en marge. Elle n’a pas de place pour ces êtres difformes et c'est sans pitié qu'elle les écarte. Les exclus désirent rire et s'amuser. Ils sont vêtus de vêtements clownesques et l’atmosphère qui règne est propre au cirque (l'univers dans lequel se passe l'histoire semble tout droit sorti d'un film de Fellini).

Une violence innocente

On peut qualifier ces marginaux d'affreux gosses dépourvus d'intelligence qui possèdent une cruauté et une méchanceté innocente. Même entre eux, ils n'ont pas de barrière : un nain heurté accidentellement par une camarade, n'hésite pas un instant à la frapper violemment et à la jeter du bateau. Cette pauvre traverse la glace et coule. Les autres trouvent cette exécution amusante. Paradoxalement, ce geste violent semble incontrôlé et rempli de candeur. On jurerait qu'ils ne se rendent pas compte de la gravité de leurs gestes.

C'est par simple jeu qu'ils s'amusent à faire mourir les égarés. Ils assistent avec un plaisir cruel à la mort lente de leurs victimes. Tel des bourreaux, ils ne se gênent pas à aider le froid à gagner leurs victimes en leur enlevant toutes sources de chaleur.

On possède souvent une image idyllique de l'innocence des enfants. Mais en réalité le monde des enfants est le modèle réduit de celui des adultes avec les mêmes défauts mais sans le verni des conventions sociales. C'est pour cela que les enfants sont innocents, candides et naïfs, mais parfois aussi très cruels.

Le prisonnier et l'innocente

Bien que le médecin soit qualifié de maître, il n'est autre qu'une victime qui a pu survivre uniquement parce que les nains avaient besoin de ses services. C'est un prisonnier, et il doit assister sans broncher aux exécutions sommaires conduites par ses « protégés ». Il a honte de lui car il devient complice des bourreaux. Excédé, il se serait sans doute révolté contre l'atrocité des nains s'il n'y avait pas eu l'arrivée de Winnie, cette jolie petite fille. Afin de réparer son ignominie, il se sacrifie afin de délivrer Winnie en la confiant à Jeremiah et Lena. Winnie représente la vraie innocence naïve de l'enfance. D'ailleurs elle croit que ses parents sont partis en voyage, alors que les parias clownesques les ont tués.

Bien que ce soit un récit sans Kurdy, c'est un des plus appréciés du public. Hermann aime beaucoup les aventures en huis clos. Comme cet épisode très cristallin qui met en scène un monde fragile où la mort froide est continuellement présente.


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