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18. Ave Caesar  

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HermannBD
(@admin7402)
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28/11/2018 3:23  

Infos générales :
> BD no. 18
> Ave Caesar
> Collection Repérages
> 44 pages
> Publié en 1995

Editeur :
> Editions Dupuis

Scénariste :
> Hermann

Dessinateur :
> Hermann

Résumé :

Alors que Kurdy et Jeremiah se douchent sous une cascade, un cadavre de milicien leur tombe dessus. Ils le cachent mais sont repérés par d'autres miliciens. Alors qu'on les enferme, la ville est bombardée par la « Rome nouvelle », une cité voisine, gouvernée par un mégalomane. Kurdy et Jeremiah s'échappent et sont recueillis par des soldats de la « Rome nouvelle » dont, malgré eux, ils gonflent les rangs. Arrivés sur place, ils n'ont qu'une idée en tête : retrouver Ogilvy, le milicien qui formait équipe avec celui dont ils ont retrouvé le corps, qui y est maintenu prisonnier et le ramener à la milice pour prouver leur innocence. Mais Ogilvy annonce qu'il ne veut pas partir avec eux car, après la mise à mort de 5 miliciens, il veut prendre part à la révolution qui se prépare.

Analyse :

Par Patrick Dubuis.

Le déguisement

 Durant tout l'album, le déguisement est présent. Tout d'abord, il permet de différencier les deux groupes opposés. Les miliciens avec leur uniforme aux épaules et col rouges et les gardes de la « Rome nouvelle », vêtus d'armures et d'habits rappelant l'époque romaine.

Au début de l'album, lors du bombardement, afin de passer inaperçu, Kurdy propose à Jeremiah de changer d'habits. Ceux qu'ils revêtiront seront voyant tels des habits de clown.

La dérision et l'anachronisme assumé

Le mégalomane se prend pour un empereur romain, mais il ne connaît pas grand-chose de l'empire romain. Il est toujours suivi de son professeur de latin qui tient en main le livre « Assymil Latin in Pain ». Le despote d’opérette répète des phrases latines simplistes avec énormément de peine, visiblement sans les comprendre, et son orthographe est épouvantable. Son professeur, embarrassé, préfère le féliciter plutôt que souligner son ignorance crasse. Car, comme toute dictature qui se respecte, les employés n’osent révéler la vérité à leur chef : ainsi, lorsque le dictateur est réveillé en plein nuit par une explosion et qu'il demande au centurion ce qui se passe, celui-ci répond qu'il n'y a pas de quoi s'alarmer. Toutefois, à la case suivante, on constate que la révolte a pris une ampleur alarmante.

Enfin, pour souligner la bêtise du potentat, sur une table, sont disposés un hamburger, une bouteille de coca et une canette d'Ice Tea, symboles de l'impérialisme culturel américain. Il est aussi cocasse de voir dans un décor de Rome antique, le dictateur portant un téléphone portable ou les gardes romains se déplaçant avec des revolvers.

L'absurde et le clin d'œil

C’est dans ce tome que l'homme à la pendule à coucou apparaît pour la première fois.Il n'a aucune importance dans le déroulement de l'aventure et semble étranger à l'atrocité de la dictature puis à la révolution. Tout ce qui l'intéresse, c'est de trouver quelqu'un qui puisse réparer son horloge.

En page 36, dans la première case, Hermann dessine une case en guise d’interlude « offerte par le narrateur », pied-de-nez à l'habituel encadré « Pendant ce temps » de la BD traditionnelle. Hermann se place ainsi volontairement en marge de la BD classique.

Kurdy

A la fin, Kurdy profite des « demoiselles de compagnie » du César de pacotille. Lorsqu'il repart avec Jeremiah, on voit qu'il a détroussé le cadavre de ce dernier. Comme dans La Nuit des Rapaces, il regarde les bagues volées qu’il a glissées aux doigts. Cette similitude de comportement décrit bien le personnage de Kurdy : il est et reste un voleur qui a dû toute sa vie se débrouiller comme il le pouvait. Il ne s’embarrasse pas de scrupules.

C’est à cette époque aussi que Hermann commence à dessiner les enseignes des banques avec un aileron de requin.

L'idée d'Ave Caesar est intéressante. Malheureusement, à l'époque, Hermann est trop absorbé par son envie de se lancer dans la réalisation de Sarajevo Tango. Il affirme lui-même que c'est un des épisodes qu'il aime le moins car, mentalement, il n'a pu s'y investir comme il l'aurait souhaité.


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