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HermannBD

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    Hermann
    Dernier post par Yves H. Il y a 6 jours
    157 Posts
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    Rice N
     Rice N
    (@rice-n)
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    25/03/2026 8:52 pm  

    Posté par: @frenchauide
    ↑

    Vous savez ce qui me peine le plus, tous les gars ? C'est de lire sur le forum BDGest le témoignage de tzynn qui raconte que voilà un mois il a assisté à une séance de dédicace d'Hermann et que, s'est-il laissé dire, c'était la dernière fois qu'Hermann dessinait. Quand on sait combien Yves nous a expliqué à quel point son père tenait à cette discipline, ça me peine de penser que pendant tout un mois il n'aura plus pu y donner cours... 😑 

    Je l'imaginais sur sa table à dessin jusqu'au dernier moment,  moi .

    Le bon dieu a dû se prendre une sacrée soufflante là haut s'il ne l’a pas laissé terminer sa planche 😪

     


    rice.nevils@gmail.com


       
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    Rice N
     Rice N
    (@rice-n)
    Prominent Member
    Inscription: Il y a 7 ans
    Posts: 959
    25/03/2026 8:55 pm  

    Posté par: @yves-h
    ↑

    Merci à tous pour vos commentaires et témoignages de sympathie, ça fait chaud au coeur ! ❤️ 

    Pour ceux qui veulent et peuvent se déplacer, une cérémonie d'adieu aura lieu au crématorium d'Uccle (Bruxelles), 61 avenue du silence, le mercredi 1er avril (c'est tellement lui !) à 11h. Tenue décontractée et, si possible, sourire de rigeur !

    On aura une pensée a ce moment là tous les gars qui pourront pas être présent 😪

     

    Les témoignages abondent de partout sur mon Facebook,  je sais bien que les algorithmes y sont pour quelque chose, mais quand même,  c’est impressionnant le nombre d'admirateurs sincèrement peinés. 

     

     


    rice.nevils@gmail.com


       
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    Yves H.
     Yves H.
    (@yves-h)
    Noble Member Admin Registered
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    Yves H. - Facebook
    25/03/2026 9:15 pm  

    Posté par: @rice-n
    ↑

    Posté par: @frenchauide
    ↑

    Vous savez ce qui me peine le plus, tous les gars ? C'est de lire sur le forum BDGest le témoignage de tzynn qui raconte que voilà un mois il a assisté à une séance de dédicace d'Hermann et que, s'est-il laissé dire, c'était la dernière fois qu'Hermann dessinait. Quand on sait combien Yves nous a expliqué à quel point son père tenait à cette discipline, ça me peine de penser que pendant tout un mois il n'aura plus pu y donner cours... 😑 

    Je l'imaginais sur sa table à dessin jusqu'au dernier moment,  moi .

    Le bon dieu a dû se prendre une sacrée soufflante là haut s'il ne l’a pas laissé terminer sa planche 😪

    Il a dessiné jusqu'au dilmanche précédent son hospitalisation, et sa disparition. Mais les conditions dans lesquelles il dessinait étaient tellement pénibles... Pour être franc, il avait demandé l'euthanasie car il ne se sentait plus de vivre aussi diminué. Cela ne fut pas nécessaire, une semaine plus tard, il s'en allait.

    Mais le plus fou est qu'il a quand même réussi à terminer la première planche de son nouveau Jeremiah. Décidément, même face à la mort, il terminait ce qu'il entamait. Quel bonhomme ! 😍 

     



       
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    Yves H.
     Yves H.
    (@yves-h)
    Noble Member Admin Registered
    Inscription: Il y a 7 ans
    Posts: 1778
    Yves H. - Facebook
    25/03/2026 9:19 pm  

    Posté par: @rice-n
    ↑

    Posté par: @yves-h
    ↑

    Merci à tous pour vos commentaires et témoignages de sympathie, ça fait chaud au coeur ! ❤️ 

    Pour ceux qui veulent et peuvent se déplacer, une cérémonie d'adieu aura lieu au crématorium d'Uccle (Bruxelles), 61 avenue du silence, le mercredi 1er avril (c'est tellement lui !) à 11h. Tenue décontractée et, si possible, sourire de rigeur !

    On aura une pensée a ce moment là tous les gars qui pourront pas être présent 😪

    Les témoignages abondent de partout sur mon Facebook,  je sais bien que les algorithmes y sont pour quelque chose, mais quand même,  c’est impressionnant le nombre d'admirateurs sincèrement peinés.

    C'est complètement dingue, ça fait deux jours que je n'arrête pas de répondre aux courriels des gens. Sans parler des centaines de messages sur les réseaux sociaux. Je vous jure que ça fait un bien fou de voir qu'il était à ce point aimé ! Et j'en profite déjà pour remercier tous ceux qui ont exprimé leur sympathie ! A commencer par vous, tous les gars du forum. MERCI !!!

     



       
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    Johan
     Johan
    (@johan)
    Estimable Member
    Inscription: Il y a 7 ans
    Posts: 100
    26/03/2026 9:34 am  

    Il y a quelque témoinage de déssinateurs qui sont "wauw", comme celle de Philippe  Jarbinet

    "Hermann est mort.

    Ça paraît inconcevable d’écrire ça, même concernant un homme de près de 88 ans.
    Pour moi, avant d’être un immense auteur BD, il était un Ardennais, de l’Ardenne belge, si différente des Ardennes françaises. Une région rude et austère, dans laquelle Comès est né, lui aussi. Comme eux, je viens de là. Je l’ai dans la peau et c’est par elle que je suis entré dans l’œuvre de Didier et dans celle d’Hermann.
    Hier matin, en apprenant son décès, j’y suis allé. Dans mon village familial.
    Il y avait partout ses arbres à lui, ses collines, ses rochers, ses décors de Comanche, de Bois-Maury et de Jeremiah. L’Ardenne est, en filigrane ou de façon plus évidente, comme un tissu sanguin sous la peau de toute son œuvre. Il ne l’a pas racontée directement, mais pour ceux qui la connaissent, elle a quasiment toujours été là. En tout cas, je l’y ai toujours vue. Sans cela, sans lui, j’aurais fait un autre métier. Et ça a commencé tôt, puisqu’il a commencé à publier l’année de ma naissance. C’est dire s’il m’a accompagné tout au long de ma vie.
    C’est un exercice difficile de parler avec des mots justes de quelqu’un qu’on a profondément aimé et qui a joué un si grand rôle dans le choix du métier auquel on a consacré sa vie. Ma première rencontre avec lui a eu lieu en 1985, quand j’étais à Saint-Luc Liège en section BD. Il avait 47 ans. C’était à l’occasion de la sortie en avant-première de l’album « Delta » de sa série Jeremiah, dans une petite librairie dont le propriétaire était un de ses amis. De tout le tirage, j’ai eu la joie de recevoir le premier exemplaire dédicacé (je l’ai toujours). Juste avant, il avait donné un cours de dessin à des scouts dans la salle du Malmundarium, à Malmedy, d’où il était originaire. Son village natal, Bévercé, est situé à peu de distance. Je ne sais plus si ces scouts ont écouté et apprécié sa leçon. Pour notre part, à mon ami Etienne et à moi, il nous a fait forte impression. Dessiner tout un cheval en partant du sabot d’une jambe arrière, quasiment dans un seul mouvement, tout le monde n’est pas capable de cet exploit. Pour des dessinateurs en herbe, c’était une vraie claque. Je ne l’ai jamais oublié.
    Faire de la bande dessinée, ce n’est pas simple. Il faut maîtriser plusieurs domaines pour parvenir à pondre quelque chose qui tient vaguement la route. Je parle du dessin, mais aussi du scénario, des dialogues, de la mise en page, de l’art de l’ellipse, du non-dit, etc.
    Hermann était un modèle, une sorte d’icône bourrée de talent, un professionnel dont on pouvait suivre les traces dans le métier. Il a changé de technique plusieurs fois, en cherchant à chaque fois à aller jusqu’au bout du chemin qu’il empruntait. Je ne sais pas si j’ai fait du bon travail au fil du temps. Son époque n’était pas la mienne, les conditions ont évolué, les prépublications se sont raréfiées, la sortie directe en album est devenue la règle, les aires d’apprentissage se sont faites plus rares… J’ai retenu de son parcours une leçon d’indépendance qui ne m’a jamais quitté. Écrire le scénario, faire le dessin, le lettrage et la mise en couleur à la main, c’est à lui que je le dois. Ce n’est pas une preuve de talent, ni de légitimité, loin s’en faut. C’est seulement dû à l’envie de rester en lien avec soi-même, de faire ce métier pour parler de choses qui nous sont personnelles, sans trop se soucier du résultat final. J’ignore d’où lui est venu l’idée de raconter des histoires de fiction. Je sais, moi, d’où ça m’est venu, et c’est suffisant. Aujourd’hui, la fiction est décriée, pour ne pas dire vilipendée. C’est pourtant un très bel espace de création qui permet d’explorer sa propre intériorité sans que ça se voie de façon évidente. Il y a une forme de pudeur, dans cette démarche.
    Je n’ai aucun problème dans le fait de dire qu’il a été un exemple pour moi depuis mes débuts. De même, j’ai toujours pensé qu’il était un génie dans son domaine, que son dessin était une forme d’écriture tant la pratique lui avait donné d’aisance. Dans des ouvrages et des articles qui lui ont été consacrés, il s’est souvent décrit comme étant un peu bougon, misanthrope à ses heures, avec presque toujours un peu de dérision portée sur lui-même. Ce ne sont pas des choses graves, tout ça. Il passait pour être bougon, oui, ce qu’il n’était pas au fond de lui. Il respectait beaucoup le talent des autres, même si la BD était pour lui une façon de rester connecté à lui-même, dans un processus créatif qui le dévorait littéralement. Ce n’est pas pour rien qu’il a été cet exemple pour beaucoup d’entre nous, on le voit à la quantité de témoignages sur FB depuis hier. S’il a accompli son travail de façon sérieuse, il ne s’est jamais pris – lui-même - au sérieux. Il n’a jamais pris le melon, il était avare de parole et pourtant très accessible. Il n’a jamais cédé à une mode, il s’est toujours attelé à progresser dans son coin, sans dévier de sa ligne personnelle. Surtout, il a travaillé jusqu’à la fin, comme il avait souvent dit qu’il le ferait.
    Il me revient en mémoire des moments passés avec lui, dans un avion à hélices où nous avons été secoués comme des pruniers au point de voir blanchir nos mains sur l’accoudoir, dans des festivals où on dédicaçait côte à côte, dans son atelier bien rangé (presque immuable) où je suis allé plusieurs fois pour prendre des leçons de BD, toujours courtes et percutantes. Sa constance était un phare dans la nuit de cette profession. Il n’était avare de rien, ni de conseils (distillés sur le ton de « moi, je fais ainsi, mais tu fais comme tu veux, d’accord ? », ni de franchise.
    Bien plus tard, je lui ai envoyé un ou deux albums d’Airborne, sachant qu’ils abordaient une histoire et des lieux qu’il a connus jadis. Il m’a parlé de son enfance au cours de la guerre, des dépouilles de soldats dans la région, des dégâts causés par les bombardements.
    Même si je suis né vingt ans plus tard, la guerre a profondément marqué ma famille et mon histoire personnelle. À un cheveu près, je ne serais même pas né.
    Il y a deux ans, à ma demande, il est venu donner une conférence au cours de laquelle on a passé sa œuvre en revue. Je pense qu’il était anxieux de nature, toujours insatisfait et toujours en recherche. S’il avait confiance en vous, il était aussi adorable. Pour dessiner avec autant d’intensité pendant plus de 60 ans, il faut être la proie d’une envie qui dépasse l’entendement. Tout le monde ne dispose pas d’un moteur interne de cette taille, qu’il soit le fruit d’une faiblesse initiale ou une force en elle-même alimentée par un carburant inépuisable. L’une a d’ailleurs peut-être créé l’autre. On ne fait pas de la bande dessinée pour être reconnu dans la rue, ni pour avoir des prix, ni pour devenir quelqu’un qu’on n’est pas, ni même pour laisser une trace indélébile dans l’histoire du monde. On fait ce métier (il y en en a d’autres du même genre) pour se découvrir au fil du temps, pour explorer sa propre abnégation envers et contre tous les événements de la vie qu’on parcourt d’un bout à l’autre.
    Peut-être que je décris un homme sans l’avoir assez connu (27 ans nous séparaient), mais il a toujours fait partie de ma famille de bande dessinée et il y restera pour toujours.
    En guise de conclusion, j’écris les quelques mots qu’Hermann avait griffonnés sur un bout de papier pour répondre au premier courrier que je lui avais envoyé suite à la sortie d’un de ses albums qui m’avait impressionné :
    « C’est pas tous les jours qu’on reçoit un mot gentil comme ça. Allez, au boulot ! »
    Donc, oui, au boulot, chef !
    Mille mercis pour tout ce que tu m’as appris, la plupart du temps sans même le savoir."

    ou Enrico Marini

     
    "COMANCHE de Hermann et Greg. C‘est certainement l’album qui a défini mon parcours d’auteur de bande dessinée. J’avais 14 ans quand j’ai découvert cette série et surtout le dessinateur Hermann. J‘ai immédiatement essayé d‘imiter maladroitement son style. Et depuis je n’ai pas arrêté d’acheter et dévorer tout ce qu’il produisait. Pour moi il restera à toujours le plus grand narrateur de la bande dessinée réaliste. RIP HERMANN. Et un grand merci!"
     
     
     
     


       
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    nineinchrem
     nineinchrem
    (@nineinchrem)
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    26/03/2026 9:57 am  

    Bien triste nouvelle ce lundi matin... j'ai tardé à venir ici...

    Toutes mes condoléances à Yves et sa famille.

    Il va nous manquer.



       
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    Rice N
     Rice N
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    Posts: 959
    26/03/2026 10:17 am  

    Également un très bel hommage d'Éric Arnoux sur son Facebook 


    rice.nevils@gmail.com


       
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    Frenchauide
     Frenchauide
    (@frenchauide)
    Noble Member
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    Posts: 1644
    26/03/2026 11:16 am  

    Merci pour ta réponse à mon post, Yves.


    frenchoid@yahoo.fr


       
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    Alain
     Alain
    (@alain)
    Prominent Member
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    Posts: 958
    26/03/2026 4:39 pm  

    Et dire que ce fichier PDF était destiné au 25 ans du site ! Comme à mon habitude, j'ai pinaillé sur la forme, puis j'ai trainé à le compléter et, c'est bien connu, les retraités sont toujours débordés ! Il aura fallut le décès de Hermann pour que je me décide enfin à le terminer.

    Voilà, ce sera ma façon de rendre hommage à l'artiste et à l'homme que j'admirais.

     Mon-histoire-avec-Hermann-Site-H.BD-.pdf
     
    (NB. : J'ai édité le fichier à cause de quelques bugs au passage en .pdf)


       
    nim70 reacted
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    Frenchauide
     Frenchauide
    (@frenchauide)
    Noble Member
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    26/03/2026 7:41 pm  

    Bel objet, Alain. 👍 


    frenchoid@yahoo.fr


       
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    Yves H.
     Yves H.
    (@yves-h)
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    Yves H. - Facebook
    26/03/2026 9:06 pm  

    Posté par: @alain
    ↑

    Et dire que ce fichier PDF était destiné au 25 ans du site ! Comme à mon habitude, j'ai pinaillé sur la forme, puis j'ai trainé à le compléter et, c'est bien connu, les retraités sont toujours débordés ! Il aura fallut le décès de Hermann pour que je me décide enfin à le terminer.

    Voilà, ce sera ma façon de rendre hommage à l'artiste et à l'homme que j'admirais.

     Mon-histoire-avec-Hermann-Site-H.BD-Compressed.pdf

    J'aimerais mettre en valeur ta contribution mais je le ferai plus tard, quand la vie aura repris son cours normal. Si j'oubliais, je compe sur toi pour me le rappeler.

     



       
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    Yves H.
     Yves H.
    (@yves-h)
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    Yves H. - Facebook
    26/03/2026 9:07 pm  

    Posté par: @johan
    ↑

    Il y a quelque témoinage de déssinateurs qui sont "wauw", comme celle de Philippe  Jarbinet

    "Hermann est mort.

    Ça paraît inconcevable d’écrire ça, même concernant un homme de près de 88 ans.
    Pour moi, avant d’être un immense auteur BD, il était un Ardennais, de l’Ardenne belge, si différente des Ardennes françaises. Une région rude et austère, dans laquelle Comès est né, lui aussi. Comme eux, je viens de là. Je l’ai dans la peau et c’est par elle que je suis entré dans l’œuvre de Didier et dans celle d’Hermann.
    Hier matin, en apprenant son décès, j’y suis allé. Dans mon village familial.
    Il y avait partout ses arbres à lui, ses collines, ses rochers, ses décors de Comanche, de Bois-Maury et de Jeremiah. L’Ardenne est, en filigrane ou de façon plus évidente, comme un tissu sanguin sous la peau de toute son œuvre. Il ne l’a pas racontée directement, mais pour ceux qui la connaissent, elle a quasiment toujours été là. En tout cas, je l’y ai toujours vue. Sans cela, sans lui, j’aurais fait un autre métier. Et ça a commencé tôt, puisqu’il a commencé à publier l’année de ma naissance. C’est dire s’il m’a accompagné tout au long de ma vie.
    C’est un exercice difficile de parler avec des mots justes de quelqu’un qu’on a profondément aimé et qui a joué un si grand rôle dans le choix du métier auquel on a consacré sa vie. Ma première rencontre avec lui a eu lieu en 1985, quand j’étais à Saint-Luc Liège en section BD. Il avait 47 ans. C’était à l’occasion de la sortie en avant-première de l’album « Delta » de sa série Jeremiah, dans une petite librairie dont le propriétaire était un de ses amis. De tout le tirage, j’ai eu la joie de recevoir le premier exemplaire dédicacé (je l’ai toujours). Juste avant, il avait donné un cours de dessin à des scouts dans la salle du Malmundarium, à Malmedy, d’où il était originaire. Son village natal, Bévercé, est situé à peu de distance. Je ne sais plus si ces scouts ont écouté et apprécié sa leçon. Pour notre part, à mon ami Etienne et à moi, il nous a fait forte impression. Dessiner tout un cheval en partant du sabot d’une jambe arrière, quasiment dans un seul mouvement, tout le monde n’est pas capable de cet exploit. Pour des dessinateurs en herbe, c’était une vraie claque. Je ne l’ai jamais oublié.
    Faire de la bande dessinée, ce n’est pas simple. Il faut maîtriser plusieurs domaines pour parvenir à pondre quelque chose qui tient vaguement la route. Je parle du dessin, mais aussi du scénario, des dialogues, de la mise en page, de l’art de l’ellipse, du non-dit, etc.
    Hermann était un modèle, une sorte d’icône bourrée de talent, un professionnel dont on pouvait suivre les traces dans le métier. Il a changé de technique plusieurs fois, en cherchant à chaque fois à aller jusqu’au bout du chemin qu’il empruntait. Je ne sais pas si j’ai fait du bon travail au fil du temps. Son époque n’était pas la mienne, les conditions ont évolué, les prépublications se sont raréfiées, la sortie directe en album est devenue la règle, les aires d’apprentissage se sont faites plus rares… J’ai retenu de son parcours une leçon d’indépendance qui ne m’a jamais quitté. Écrire le scénario, faire le dessin, le lettrage et la mise en couleur à la main, c’est à lui que je le dois. Ce n’est pas une preuve de talent, ni de légitimité, loin s’en faut. C’est seulement dû à l’envie de rester en lien avec soi-même, de faire ce métier pour parler de choses qui nous sont personnelles, sans trop se soucier du résultat final. J’ignore d’où lui est venu l’idée de raconter des histoires de fiction. Je sais, moi, d’où ça m’est venu, et c’est suffisant. Aujourd’hui, la fiction est décriée, pour ne pas dire vilipendée. C’est pourtant un très bel espace de création qui permet d’explorer sa propre intériorité sans que ça se voie de façon évidente. Il y a une forme de pudeur, dans cette démarche.
    Je n’ai aucun problème dans le fait de dire qu’il a été un exemple pour moi depuis mes débuts. De même, j’ai toujours pensé qu’il était un génie dans son domaine, que son dessin était une forme d’écriture tant la pratique lui avait donné d’aisance. Dans des ouvrages et des articles qui lui ont été consacrés, il s’est souvent décrit comme étant un peu bougon, misanthrope à ses heures, avec presque toujours un peu de dérision portée sur lui-même. Ce ne sont pas des choses graves, tout ça. Il passait pour être bougon, oui, ce qu’il n’était pas au fond de lui. Il respectait beaucoup le talent des autres, même si la BD était pour lui une façon de rester connecté à lui-même, dans un processus créatif qui le dévorait littéralement. Ce n’est pas pour rien qu’il a été cet exemple pour beaucoup d’entre nous, on le voit à la quantité de témoignages sur FB depuis hier. S’il a accompli son travail de façon sérieuse, il ne s’est jamais pris – lui-même - au sérieux. Il n’a jamais pris le melon, il était avare de parole et pourtant très accessible. Il n’a jamais cédé à une mode, il s’est toujours attelé à progresser dans son coin, sans dévier de sa ligne personnelle. Surtout, il a travaillé jusqu’à la fin, comme il avait souvent dit qu’il le ferait.
    Il me revient en mémoire des moments passés avec lui, dans un avion à hélices où nous avons été secoués comme des pruniers au point de voir blanchir nos mains sur l’accoudoir, dans des festivals où on dédicaçait côte à côte, dans son atelier bien rangé (presque immuable) où je suis allé plusieurs fois pour prendre des leçons de BD, toujours courtes et percutantes. Sa constance était un phare dans la nuit de cette profession. Il n’était avare de rien, ni de conseils (distillés sur le ton de « moi, je fais ainsi, mais tu fais comme tu veux, d’accord ? », ni de franchise.
    Bien plus tard, je lui ai envoyé un ou deux albums d’Airborne, sachant qu’ils abordaient une histoire et des lieux qu’il a connus jadis. Il m’a parlé de son enfance au cours de la guerre, des dépouilles de soldats dans la région, des dégâts causés par les bombardements.
    Même si je suis né vingt ans plus tard, la guerre a profondément marqué ma famille et mon histoire personnelle. À un cheveu près, je ne serais même pas né.
    Il y a deux ans, à ma demande, il est venu donner une conférence au cours de laquelle on a passé sa œuvre en revue. Je pense qu’il était anxieux de nature, toujours insatisfait et toujours en recherche. S’il avait confiance en vous, il était aussi adorable. Pour dessiner avec autant d’intensité pendant plus de 60 ans, il faut être la proie d’une envie qui dépasse l’entendement. Tout le monde ne dispose pas d’un moteur interne de cette taille, qu’il soit le fruit d’une faiblesse initiale ou une force en elle-même alimentée par un carburant inépuisable. L’une a d’ailleurs peut-être créé l’autre. On ne fait pas de la bande dessinée pour être reconnu dans la rue, ni pour avoir des prix, ni pour devenir quelqu’un qu’on n’est pas, ni même pour laisser une trace indélébile dans l’histoire du monde. On fait ce métier (il y en en a d’autres du même genre) pour se découvrir au fil du temps, pour explorer sa propre abnégation envers et contre tous les événements de la vie qu’on parcourt d’un bout à l’autre.
    Peut-être que je décris un homme sans l’avoir assez connu (27 ans nous séparaient), mais il a toujours fait partie de ma famille de bande dessinée et il y restera pour toujours.
    En guise de conclusion, j’écris les quelques mots qu’Hermann avait griffonnés sur un bout de papier pour répondre au premier courrier que je lui avais envoyé suite à la sortie d’un de ses albums qui m’avait impressionné :
    « C’est pas tous les jours qu’on reçoit un mot gentil comme ça. Allez, au boulot ! »
    Donc, oui, au boulot, chef !
    Mille mercis pour tout ce que tu m’as appris, la plupart du temps sans même le savoir."

     

    ou Enrico Marini

     
    "COMANCHE de Hermann et Greg. C‘est certainement l’album qui a défini mon parcours d’auteur de bande dessinée. J’avais 14 ans quand j’ai découvert cette série et surtout le dessinateur Hermann. J‘ai immédiatement essayé d‘imiter maladroitement son style. Et depuis je n’ai pas arrêté d’acheter et dévorer tout ce qu’il produisait. Pour moi il restera à toujours le plus grand narrateur de la bande dessinée réaliste. RIP HERMANN. Et un grand merci!" 

    Merci, Johan. C'est très chouette à lire. 

     



       
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    Yves H.
     Yves H.
    (@yves-h)
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    Yves H. - Facebook
    30/03/2026 2:39 pm  

    Fraymond m'a envoyé ce petit texte qui rend hommage au sanglier et à leur collbaoration haute en couleur. Je vous la partage :

    En croisant ton chemin…
    Tu as mis du pigment dans ma vie.
    Tu m’as ouvert les yeux pour y laisser entrer ta lumière.
    Dans un monde qui ne vantait que le noir et blanc, tu y as mis du soleil dans tes planches et m’a offert de l’espace pour donner de la couleur à tes ombres.
    Tu as gardé du blanc entre les traits noirs de tes « gribouillis » pour que j’y dépose des brumes d’arc en ciel.
    Tu m’as convié à marcher dans tes pas et octroyé l’honneur de porter tes couleurs.
    Ma peine est profonde… Aussi sombre que l’encre noire de ton pinceau.
    Messire…
    Mon Maître…

    « Il NE T’ENTEND PLUS
    RAYMOND…
    HERMANN N’EST PLUS. »

    Pardon
    Messire…
    Pardon…

    Ton fidèle écuyer



       
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    Frenchauide
     Frenchauide
    (@frenchauide)
    Noble Member
    Inscription: Il y a 7 ans
    Posts: 1644
    30/03/2026 3:30 pm  

    Joli... 🙂 


    frenchoid@yahoo.fr


       
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    Alain
     Alain
    (@alain)
    Prominent Member
    Inscription: Il y a 7 ans
    Posts: 958
    30/03/2026 3:36 pm  

    Posté par: @frenchauide
    ↑

    Joli... 🙂 

    ITOU !

     



       
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