Oui, on a beau s'échiner à l'objectivité (fût-elle subjective quant à soi), il est difficile de se dégager des premiers pas. Ça m'a toujours amusé de constater que son Tintin préféré est presque toujours celui par lequel on a découvert la série...que tout dépend l'ordre de lecture et à quel âge on les lits.
Effectivement, c’est très bien vu. Nos premiers pas avec une série sont souvent associés à une certaine fraîcheur, à des souvenirs d’enfance ou de découverte qui colorent forcément notre jugement. On a tendance à garder une tendresse particulière pour ce premier choc de lecture, même si, objectivement, ce n’est pas forcément l’album “le plus réussi”. Pour Tintin, je pense immédiatement à Tintin au Congo. Et toi quel est ton Tintin préféré?
Outre que le scénario n'est pas de Derib, celui-ci est encore loin de maîtriser ce qui deviendra son style. J'ai les deux albums noir et blanc (je découvre qu'il y a eu une intégrale couleur) mais je doute de les rouvrir un jour... 🤨Arnaud de Casteloup m'a moins marqué
Pour l’instant, je vous rejoins complètement sur Arnaud de Casteloup. J’avais acheté l’intégrale il y a bien une trentaine d’années, et je ne l’ai jamais relue depuis. Je ne me sens pas particulièrement motivé à la rouvrir
dubuisp@hotmail.com
Je crois avoir découvert le personnage avec L'Étoile mystérieuse.Pour Tintin, je pense immédiatement à Tintin au Congo. Et toi quel est ton Tintin préféré?
Vous étiez tellement bien ensemble que je ne voulais pas détoner au milieu de cette belle unanimité.Pas mieux. J'avoue que la réaction de not' ouaibmaistre m'a un peu surpris... 😉Je ne pense pas que l'on soit sur un forum autocratique, donc chacun a le droit d'avoir un opinion différent des autres et de l'exprimer !
Cela dit, qu'on ne se méprenne pas, j'ai beaucoup d'esstime pour le travail de Derib. Je dis seulement qu'il ne ma pas autant marqué que les dessinateurs que j'ai cités plus haut.
Pour Tintin, je pense immédiatement à Tintin au Congo.Houlà, tu vis dangereusement ! 😅
🤣🤣
Je crois avoir découvert le personnage avec L'Étoile mystérieuse.
Moi, ma première rencontre avec un album TINTI, c'est : TINTIN au Pays de l'Or Noir, mon préféré restant "TINTIN au TIBET"; et pour aller jusqu'au bout, j'avoue ne pas bien connaître les 10 premiers, j'ai du mal à m'y intéresser lorsque j'ouvre un de ces albums, par contre tous les suivants j'aime.
Heu, mine rien, je crois qu'on vient de faire un sacré Hors sujet ! 😏🙄😊
Heu, mine rien, je crois qu'on vient de faire un sacré Hors sujet ! 😏🙄😊Comme l'a justement souligné not' ouaibmaistre, on est entre soi... 😉
Tintin en Amérique pour ma part, je devais avoir 6 ou 7 ans, je croyais que c’etait une histoire de cowboy.
Nouvelle illustration de ce postulat avec les planches choisies par Rossi et Dany pour illustrer leur témoignage sur Hermann (je vous laisse découvrir par vous-mêmes).Oui, on a beau s'échiner à l'objectivité (fût-elle subjective quant à soi), il est difficile de se dégager des premiers pas. Ça m'a toujours amusé de constater que son Tintin préféré est presque toujours celui par lequel on a découvert la série...
Les premiers Buddy Longway offrent un dessin moins réaliste, comme les Jonathan de Cosey, sans doute parce qu’il débutait, mais je les préfère aux suivants, c’est plus lisible.
La fin de la serie est assez sombre, voir cette belle famille disparaître comme ça m’a troublé et ému.
Hermann avait déjà envisagé de clôturer Jeremiah sur la disparition de ses héros, suite a une embrouille de kurdy qui aurait mal tournée, mais je suis très heureux qu’il ne l’ai jamais fait.
Je trouve qu’un épilogue apporte quelque chose de fort à une série. Clore une œuvre n’est jamais simple, surtout quand elle a accompagné un auteur pendant des années — et les lecteurs avec lui.
1. Pour Hermann, je pense à la série Les Tours de Bois-Maury avec la fin dans Olivier. Cela apporte un plus à la série.
2. Cosey, avec Jonathan, a réussi quelque chose de remarquable : transformer cette fin en une conclusion douce, d’une grande intelligence.
3. Concernant Buddy Longway, Derib avait cette idée de fin (vieillissement et décès) en tête depuis très longtemps. Dans la monographie Derib – un créateur et son univers de Georges Pernin (1985), on trouve déjà des recherches montrant un Buddy vieillissant, avec des traits (notamment les yeux) qui remontent à l’époque de Chinook. Contrairement à beaucoup de héros franco-belges, Buddy n’a jamais été pensé comme un personnage figé dans le temps.
En 1987, Le Dernier Rendez-vous devait d’ailleurs être le point final de la série. Le titre lui-même est assez explicite, avec ce double sens entre la dernière rencontre avec les lecteurs et la fin de vie du personnage. Mais le rachat du Lombard par le groupe Ampère change la donne : la nouvelle direction juge les histoires trop dures, trop adultes, et demande à Derib d’adoucir son approche. Refusant de trahir son projet — notamment en éludant la question de la mort de Buddy — il préfère arrêter la série.
Ce n’est que quinze ans plus tard, lorsqu’il reprend Buddy Longway, qu’il peut enfin mener son idée jusqu’au bout. Entre-temps, la logique de son récit s’est encore affirmée : la mort de Jérémie, puis celle de Buddy, deviennent presque inévitables. Pour Derib, une fin heureuse n’aurait pas été cohérente, notamment au regard du contexte historique et des tensions entre Blancs et Indiens.
Donc, cette fin n’a rien d’improvisé. Elle faisait partie intégrante du projet dès le départ, mais les contraintes éditoriales l’ont repoussée. Et je trouve que ça renforce encore son impact : elle est à la fois logique, assumée et profondément émouvante.
Rem.
1. Je me suis basé sur l'interview de Derib dans le hors série de Tonnerre de Bulles : Derib - Le dessinateur des hautes plaines (2024)
2. Quand j'ai lu le dernier album de Jonathan à sa sortie, je me suis dit qu'Hermann aurait pu terminer Jeremiah avec une fin plus douce. (Je sais on peut toujours rêver!)
dubuisp@hotmail.com
Moi aussi ça m'a attristé la mort de Buddy et Chinook, mais Derib l'avait effectivement annoncé dans les débuts de la série. Et que dire de la mort de Jérémie ? Celle-là m'a plus surpris, même si, là aussi, sans annocer sa mort, Derib avait clairement dit qu'après la disparition de Buddy, s'il devait y avoir une continuité de la série, ce ne serait pas au travers de Jérémie, mais plutôt au travers de Kathleen, qu'il trouvait plus "propice" à une nouvelle épopée... Wait and see, comme dit l'autre ! 😊
....
On ne peu pas être au courant de tout ! En vérifiant, après coup, l'orthographe exacte de "Kathleen", je suis tombé (sans me faire mal) sur cela :
Les saisons d'une vie - Tome 0 -
Je ne connaissais pas, et j'ai l'impression que cela va être compliqué d'en trouver un exemplaire ! ☹️
Pour Buddy et Chinook, je m'attendais à ce qu'ils finissent par mourir un jour. Je ne savais évidemment pas comment, mais cela me paraissait logique avec la manière dont Derib avait construit la série. En revanche, la mort de Jérémie m'a vraiment surpris, je ne l'avais pas vue venir.
En lisant l'interview dans fanzine monographique consacré à Derib cité précédemment (le hors série de Tonnerre de Bulles : Derib - Le dessinateur des hautes plaines paru en 2024.), j'ai trouvé des explications très intéressantes sur cette fin.
Pour Derib, la mort de Jérémie n'était pas un simple effet de surprise, mais la conséquence logique de l'histoire qu'il racontait depuis plusieurs albums. Il explique que, en faisant la guerre aux soldats et en choisissant le camp des Indiens, « Jérémie s'était engagé dans une voie sans issue ». Il ajoute qu'il n'a « aucun plaisir à faire mourir Jérémie, mais il fallait être logique » avec le récit qu'il avait commencé.
Ce choix est d'ailleurs préparé dans la série. Dans Le Démon blanc, Jérémie découvre le massacre des Indiens par les Blancs. Son père lui-même a été victime des Blancs. Petit à petit, Jérémie choisit de prendre le parti des Indiens et assume ce choix jusqu'au bout. Sa mort n'est donc pas gratuite : elle découle directement de son engagement et du contexte historique.
Derib explique aussi qu'en reprenant la série, il s'est rendu compte qu'il lui restait encore quatre albums à raconter et qu'il lui fallait un événement suffisamment fort pour justifier ce retour. La disparition de Jérémie devient alors le point de bascule qui entraîne tout ce que Kathleen vivra par la suite : Révolte et La source.
À propos de Kathleen, j'ai appris quelque chose que j'ignorais complètement. Derib avait imaginé une véritable suite centrée sur elle après la disparition de Buddy. Elle serait devenue avocate et aurait défendu les Indiens parqués dans les réserves. Il envisageait notamment l'histoire d'un jeune Indien qui s'enfuit d'une institution religieuse et que Kathleen aurait aidé en dénonçant les violences qu'il y avait subies.
Pourquoi cette suite n'a-t-elle jamais vu le jour ? Là aussi, la réponse vient de Derib. Il explique qu'il y a eu « un problème du côté de l'éditeur ». Le projet plaisait, mais pas aux mêmes conditions financières que la série Buddy Longway. Pour continuer, il aurait dû repartir de zéro avec « une rémunération médiocre » dixit Derib. On comprend alors que ce n'est pas le manque d'envie qui a empêché cette suite, mais simplement le contexte éditorial et économique.
Je trouve que ces explications éclairent vraiment la fin de Buddy Longway. La mort de Jérémie n'est pas un coup de théâtre improvisé : elle faisait partie de la logique du récit imaginée par Derib. Quant à l'absence d'une suite avec Kathleen, elle n'est pas due à un manque d'inspiration, mais à des circonstances qui ont empêché l'auteur de mener son projet jusqu'au bout.
Les Saisons d'une vie peut aussi être lu comme un épilogue de la série. Plus qu'une nouvelle aventure, c'est surtout l'occasion pour Derib de revisiter les grands moments de Buddy Longway à travers de magnifiques aquarelles. On a presque l'impression de feuilleter un album de souvenirs avec Kathleen, qui nous accompagne au fil des pages.
Dommage que cet ouvrage soit aujourd'hui épuisé, car il mérite vraiment d'être découvert.
dubuisp@hotmail.com
Pour Derib, la mort de Jérémie n'était pas un simple effet de surprise, mais la conséquence logique de l'histoire qu'il racontait depuis plusieurs albums. Il explique que, en faisant la guerre aux soldats et en choisissant le camp des Indiens, « Jérémie s'était engagé dans une voie sans issue ». Il ajoute qu'il n'a « aucun plaisir à faire mourir Jérémie, mais il fallait être logique » avec le récit qu'il avait commencé.
À propos de Kathleen, j'ai appris quelque chose que j'ignorais complètement. Derib avait imaginé une véritable suite centrée sur elle après la disparition de Buddy. Elle serait devenue avocate et aurait défendu les Indiens parqués dans les réserves. Il envisageait notamment l'histoire d'un jeune Indien qui s'enfuit d'une institution religieuse et que Kathleen aurait aidé en dénonçant les violences qu'il y avait subies.
Oui, je connaissais ces dires de Derib; d'où, je ne m'en souviens plus.
Les Saisons d'une vie ....
Dommage que cet ouvrage soit aujourd'hui épuisé, car il mérite vraiment d'être découvert.
Tu le possèdes ? Quelle chance !
